Seb |
Pour commencer, parle-moi du groupe Phideaux. Est-ce vraiment ton nom de famille ? De qui se compose-t-il et depuis combien de temps jouez vous ensemble ? | ![]() |
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Phideaux |
Mon nom est Phideaux Xavier. J’ai fait de la musique dans d’autres formations pendant des années. Divers projets solos qui réunissaient des amis d’enfance et un noyau de musiciens ont donné naissance au groupe. C’est devenu un groupe car j’ai réalisé que je voulais travailler avec les mêmes personnes d’album en album et ensuite les collaborations se sont renforcées. Ce qui était autrefois un homme est aujourd’hui un groupe. Je connais Valerie, Gabe et Mark depuis l’âge de 7 ans. Molly, Linda et Ariel depuis l’âge de 12ans. Rick et moi nous nous sommes rencontrés en 1996 et Jonnhy et Mat nous ont rejoints pour le nouvel album. Nous sommes 10 personnes qui vivons tous dans des états différents. |
Seb |
Ton nouvel album « Doomsday Afternoon » semble s’orienter vers des contrées “plus progressives”. Quel est ton sentiment à ce sujet ? | ||
Phideaux |
Je ressens « Doomsday Afternoon » comme l’album que j’ai toujours voulu faire. Enfant, mon album préféré était « A Passion Play » de Jethro Tull. Mis à part le fait qu’il ait une musique magnifique, l’album est aussi amusant. Nous voulions trouver un équilibre entre paroles humoristiques, musiques enjouées tout en apportant un message plus sérieux. Chaque album que nous faisons est différent et nous progressons le long de différentes routes. Cependant, avoir créé un « cycle d’une chanson unique » est une expérience qui en valait la peine. Nous le referons certainement. |
Seb |
On pense indubitablement à Jethro Tull à l’écoute de tes albums. Quelles influences précises, la bande de Ian Anderson, a-t-elle eu sur ton inspiration musicale ? | ||
Phideaux |
Nous adorons Jethro Tull mais nous ne cherchons pas particulièrement à sonner comme eux. Toutefois, après les Beatles et Alice Cooper, Jethro Tull fut ma première influence. Aussi, je suis sûr d’avoir été influencé dès mon plus jeune âge. Ce n’est que lorsque je les ai vus en concert, que j’ai vraiment compris l’humour dans leur musique. L’idée que tu puisses faire quelque chose d’extrêmement beau tout en plaisantant m’a inspiré. En plus j’adore la flûte ! |
Seb |
Tu as enregistré ton dernier album avec quelques musiciens de l’orchestre philarmonique de « Los Angeles ». Comment as-tu vécu cette expérience ? | ![]() |
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Phideaux |
Paul Rudolph, qui a écrit la partition orchestrale, a travaillé avec des membres de « Los Angeles Philarmonic » sur d’autres projets et il avait bon espoir d’avoir des musiciens de ce calibre pour notre album. Heureusement pour nous, ils ont accepté. Voir notre musique sortir des orgues habituels ou synthétiseurs pour inclure « un groupe de 10 cordes » était hautement satisfaisant. J’ai adoré spécialement les chansons qui furent de l’orchestre pur. Ce fut un régal. |
Seb |
Justement, à propos de ces musiciens, seront-ils présent pour le concert du festival Crescendo ? | ![]() |
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Phideaux |
Il y aura seulement un violoniste avec nous, Ariel Farber, qui a joué du violon pendant au moins 10 ans. Bien que l’album ait une partie symphonique, le concert sera plus axé sur une approche plus rock des chansons. Je ne crois pas que ce soit nécessaire de jouer une chanson exactement telle qu’elle est sur l’album. En tant que fan de musique, il y a certains moments dans une chanson qui doivent absolument être joués pour que je sois satisfait. Mais j’aime aussi entendre mes chansons avec une nouvelle tournure. Notre spectacle sera fidèle à ces moments « iconiques », aux arrangements et à l’esprit des chansons mais un peu surprenant dans notre interprétation. |
| Seb | Tu vas avoir la lourde tâche de clôturer le festival Crescendo et beaucoup de monde attend avec impatience ton premier passage en Europe, comment as-tu préparé l’évènement ? | ||
| Phideaux | Se préparer pour notre première apparition en France a comporté beaucoup d’excitation, de nervosité, et d’interminables heures d’entraînement (mais je ne me souviens plus des paroles !) Le festival Crescendo inaugure un nouveau chapitre pour le groupe Phideaux. Nous sommes si impatients d’arriver et de jouer en Europe. Pour le festival Crescendo, nous sommes déterminés à jouer les chansons qui définissent le mieux notre groupe. Nous n’avions jamais pensé que certaines d’entre elles pourraient être jouées en concert. Ce fut donc très agréable de démeler le casse-tête. |
| Seb | Tu as une approche très mélodique de la musique, il semble que tu saches transcender tes compositions par ce biais là. Peux tu nous en dire plus à ce sujet ? | ![]() |
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| Phideaux | Ce que j’aime chez Pink Floyd, Genesis, Jethro Tull ou encore King Crimson, c’est qu’ils chantent des chansons. Bien sûr, il y a des parties longues, des endroits où les musiciens s’étendent et où les chansons prennent d’inattendus tours et détours mais le cœur est une simple chanson. Nous aimons la musique qui est dynamique et inattendue tout en espérant trouver un équilibre musical avec des mélodies mémorables et simple à fredonner. Si un enfant de 10 ans peut siffloter notre musique, c’est que nous avons atteint notre objectif. |
| Seb | Tu es le second artiste des Etats-Unis d’Amérique à se produire sur la scène du festival Crescendo, l’année dernière Michael MANRING a littéralement subjugué le public avec sa basse. L’as-tu déjà rencontré ? Et si oui, à quelle occasion ? | ||
| Phideaux | Je connais la musique de Michael Manring et sa renversante aventure avec sa basse, son Hyperbass Zon confond l’imagination ! Je parie que le spectacle était formidable. Espérons que nous le rencontrerons un jour, peut-être à ce genre de festival. |
| Seb | Quel est l’avenir des musiques progressives aux USA ? | ![]() |
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| Phideaux | J’espère que la route de la musique progressive sera pavée d’or aux USA mais je crois que cela restera toujours clandestin. Les grandes maisons de disques ont leur agenda de chansons dont elles feront la promotion et je ne vois pas le rock progressif dans le haut de la liste. Toutefois, il y a certainement un intérêt envers les musiques inhabituelles et transcendantes de la part des jeunes. Je suis heureux de voir que certains groupes influencés par le rock progressif sont en train d’émerger (Muse, Pure Reason Revolution, Mew, Decembrits…). Est-ce que les USA rattraperont l’Europe en tant que continent « berceau de cette musique » ? J’en doute fortement. Tout le monde sait que le public européen est de loin plus sophistiquée que le consommateur américain moyen. Cependant comme tous les combattants pour la liberté artistique, nous , les radicaux musicaux existerons sous la surface. |
| Seb | Le festival Crescendo est gratuit pour le public, cette expérience te séduit-elle et cela a-t-il motivé le groupe à faire le déplacement en France ? | ||
| Phideaux | Je trouve l’idée d’un festival gratuit merveilleuse. En outre, le cadre est définitivement attirant. Cependant, la réelle motivation vient peut-être de la formidable liste des groupes qui ont joué à Crescendo dans le passé. Nous sommes honorés d’être ajoutés à cette liste superbe et variée. Merci de nous recevoir et nous espérons que vous apprécierez le spectacle. |